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MLK Day 2026 à Maurice : le vice-président Hungley évoque Rémy Ollier, le créole et la décolonisation

Esclavage, colonisation, ségrégation, lutte pour la dignité… les liens entre l’histoire de Maurice et celle des Afro-descendants·es aux États-Unis, entre Rémy Ollier et le Dr Martin Luther King Jr ont été au cœur du discours de Robert Hungley, vice-président de la République, le mercredi 28 janvier.

La Rédaction/Photos: Bureau de la vice-présidence de la République et Vikash Ramsamy

M. Hungley a établi des parallèles saisissants entre les lois Jim Crow américaines (qui ont instaurées la ségrégation entre Noirs et Blancs dans le Sud des USA entre 1877 et les années 1950) et les pratiques sous le régime colonial britannique. Il a cité les «bitasion» ségréguées des plantations sucrières mauriciennes du XIXe siècle.

Les «gens de couleur», a rappelé le vice-président, avaient un accès limité à l’éducation. Sans compter qu’ils étaient exclus de toute représentation au Conseil législatif d’alors. C’est dans ce contexte, a poursuivi M. Hungley, que s’inscrit le combat pour l’égalité du «défenseur de la justice sociale» Rémy Ollier.

Réparation et éducation au cœur du message

Le vice-président a insisté sur la Seconde Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine, prônant une «réappropriation culturelle». Saluant l’introduction du créole mauricien comme matière principale au Higher School Certificate, M. Hungley a prôné le recours au créole mauricien comme langue d’enseignement dès le primaire pour «décoloniser les esprits».

En marge du 191e anniversaire de l’abolition de l’esclavage (observée le 1er février), M. Hungley a appelé à réviser les manuels scolaires pour inclure des figures comme Rémy Ollier. Il a aussi plaidé pour un enseignement de l’esclavage et d’autres aspects de l’histoire de notre république qui montre «la complexité de notre société, les forces qui l’ont bâtie et les dynamiques qui continuent de la façonner». Et de préciser : «En donnant aux gens les outils pour comprendre, nous décolonisons les esprits».

Rendant un hommage appuyé à José Rose, le vice-président Hungley a salué le «militant engagé» et l’homme «de conviction» qui a œuvré pour la reconnaissance du mouvement rastafari. Ancien président et porte-parole de l’Association socio-culturelle rastafari, José Rose est décédé le 27 janvier à l’âge de 68 ans.

Des interventions marquantes

L’Attorney General Gavin Glover a souligné, dans le sillage des enseignements et des actions du Dr King, que :

Melany Nagen, vice-présidente de la National Human Rights Commission :

Une table-ronde avec l’avocat José Moirt, le pasteur David White et Roopanand (Amar) Mahadew, chargé de cours en droit à l’université de Maurice a enrichi les débats. Ce fut aussi l’occasion pour le M. Hungley de lancer le livre de M. Mahadew, «Mauritius and African Human Rights Law». Ce dernier propose une analyse de l’engagement du pays envers le système des droits humains de l’Union africaine et des recommandations pour renforcer les interactions.

La commémoration de la Martin Luther King Jr Day 2026 à l’université de Maurice était organisée par NHRC et la Faculté des Sciences sociales et humanités de l’université de Maurice. L’événement a réuni plusieurs institutions œuvrant sur la question de réparation historique de l’esclavage et de la prise de conscience de ses conséquences sociétales et historiques : le Centre Nelson Mandela pour la culture africaine, le Musée de l’esclavage intercontinental, la Creole Speaking Union et le Morne Heritage Trust Fund.

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