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EmpowerHer Talk Series au Victoria Urban Terminal: quand la création est en quête d’espace et d’expression

À Maurice, de plus en plus de femmes utilisent l’art pour s’exprimer, mais créer ne suffi t pas toujours : encore faut-il trouver des espaces pour être visibles, structurer leur pratique… et espérer en vivre. C’est autour de ces réalités que s’est inscrite la troisième édition du #EmpowerHer Talk Series, organisée par le Victoria Urban Terminal (VUT). Cette rencontre, placée sous le thème « Women, Art & the Power of Expression », a réuni quatre artistes mauriciennes — Arad Rambhojun, designer de mode spécialisée dans l’upcycling, Elizabeth de Marcy Chelin Chabert, artiste et entrepreneure, Rebecca D’Souza, poète et auteure, et Shakti Callikan, exploratrice culturelle — aux côtés du modérateur Dilesh Sharma. L’Honorable Véronique Leu-Govind, ministre déléguée aux Arts et à la Culture, était aussi présente.

La Rédaction/Photos: Dr

Cette année, les échanges ont mis en lumière un enjeu central : l’importance de développer des espaces dédiés à la création et au partage artistique. Qu’il s’agisse de lieux physiques, d’événements culturels ou d’initiatives collectives, ces espaces jouent un rôle clé. Ils permettent aux artistes de se rencontrer, de confronter leurs visions et de rendre leur travail plus accessible au public. Pour Rebecca D’Souza, ces espaces sont avant tout des lieux d’expression et de transformation personnelle. « L’écoute et le dialogue entre artistes féminines enrichissent notre manière d’aborder notre art. La représentation joue un rôle essentiel, et l’intention que l’on met dans notre travail a un réel impact. Sensibiliser et rendre l’art plus accessible permet de créer davantage de liens avec les individus », souligne l’auteure.

Structurer et professionnaliser les métiers artistiques apparaît aujourd’hui comme un levier essentiel pour permettre aux artistes de vivre pleinement de leur art. Une dynamique que souligne également Arad Rambhojun : « C’est inspirant de voir que nous avons, toutes, des projets personnels qui participent, à leur manière, à faire avancer les femmes dans les arts ainsi que la culture mauricienne. Et je trouve aussi encourageant de voir que de plus en plus de plateformes émergent pour mettre en avant les talents, qu’ils soient établis ou émergents contribuant ainsi à une meilleure structuration et reconnaissance du secteur artistique – une avancée certes positive, mais qui appelle encore à être amplifi ée pour garantir une réelle visibilité et des perspectives de vie durables aux artistes. »

« Un artiste devrait pouvoir vivre de son art »
Mais s’exprimer suppose aussi de pouvoir dépasser certaines barrières, notamment le regard des autres. Shakti Callikan rappelle ainsi que le courage de créer et de partager son travail est primordial : « Lors de la session de questions-réponses, la question du courage de s’exprimer a été soulevée : comment trouve-t-on le courage de partager son travail sans craindre le regard des autres ? Cela m’a fait penser à une expression que me disait ma grand-mère : “les chiens aboient, la caravane passe” Les gens parleront toujours, quoi qu’il arrive. Alors autant créer, s’exprimer et laisser son art exister. »

Au-delà de ces dimensions, une question centrale demeure : celle de la reconnaissance et de la structuration du secteur artistique. Dans un contexte où les repères restent encore limités, cette structuration est essentielle pour permettre aux artistes de s’inscrire dans la durée. Elizabeth de Marcy Chelin Chabert a pour sa part insisté sur ce point : « Pour moi, la question de la valorisation des métiers artistiques est essentielle. Un artiste devrait pouvoir vivre de son art, et une entreprise peut être à la fois créative et viable. La professionnalisation des artistes et des artisans est donc une priorité. »

Face à ces enjeux, la nécessité de créer des espaces physiques, culturels et symboliques s’impose comme un fi l conducteur, souligne Evans Chavreemootoo, Marketing & Commercial Executive du VUT. « À travers ce type d’initiatives, le Victoria Urban Terminal encourage les échanges et off re des plateformes d’expression aux talents locaux. C’est pour cette raison que pour l’#EmpowerHer Talk Series 2026, qui met chaque année un secteur à l’honneur, il était essentiel de donner la parole à quatre femmes qui façonnent l’industrie créative mauricienne », indique-t-il.

Les industries créatives et culturelles représentent un fort potentiel à Maurice, même s’il reste encore beaucoup à développer. Il est donc important pour VUT d’apporter sa contribution à structurer et animer cet écosystème afi n d’en révéler toute la richesse à travers divers initiatives telles que Busker’s Corner, plateforme dédiée aux artistes de rue, lancée pour off rir un espace de visibilité aux musiciens, chanteurs et danseurs locaux, ou encore l’#EmpowerHer Talk Series, qui favorisent les échanges et ouvrent de nouvelles perspectives.

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